lundi 11 juin 2007

La Démente


Assise sur son fauteuil d’hôpital
Elle pleure comme si elle avait mal
Elle cherche du regard son mari
Mais la solitude, à ses cotés, rit !

Je ne sais rien de cette vieille
Sinon qu’elle connaît les larmes
Et que son regard sur le votre éveille
La peur d’un futur sans charme.

Ses yeux se sont accrochés aux miens
Et j’y ai lu sa plus profonde détresse
Mais dans la ruche les travailleuses ne cessent
De courir sans voir la vieille qui s’éteint.

Elle voudrait seulement qu’on lui tienne la main
Juste quelques instants d’amour volé au temps
Mais les heures s’égrènent vers demain
Et ses yeux se referment sur les chemins d’antan.

Elle grogne parfois, parce que ses mots ne valent rien
Parce que personne ne les entend depuis déjà longtemps
Parce que l’on n’a pas le temps de l’écouter un instant
Seules la solitude et la mort l’écoutent et s’amusent bien !

J’ai vu la terreur dans son regard de vieille femme
Le désespoir d’une improbable prisonnière
Qui part à la recherche de son autre petite âme
Mais qu’on refoule dans sa cage sans barrière.

Impuissante, je suis passée à ses cotés
Mais mes mains ne se sont pas tendues
Car mon esprit alors, s’est révolté
Contre ce futur entraperçu qui ne m’est pas dû !

Dans le regard de la démente
J’ai lu une impossible attente
J’ai vu son improbable retour
Prisonnière de son monde à rebours.

Et j’ai eu peur de mon propre futur
Figé dans ses traits angoissés
Et j’ai détourné toutes mes pensés
Loin de cette chambre, de ses quatre murs !

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